
Lunch box coréen à 3,50€ : test du bento de supérette GS25
Table des matières
14 éléments
Jour de repos, frigo vide et estomac qui crie famine
Printemps 2026, ma femme est partie au boulot et moi j'avais ma journée. Je me lève bien après l'heure du déjeuner, j'ai une faim de loup, et l'idée de me mettre aux fourneaux ne me motive absolument pas. Ouvrir le frigo, on connaît la chanson : il n'y a rien dedans. Pour ce genre de journée, le lunch box de supérette, c'est la solution miracle. En Corée, les supérettes sont tellement nombreuses que tu sors en claquettes et tu en croises forcément une en moins de cinq minutes. Du coup, j'ai traîné les pieds jusqu'au GS25 en bas de chez moi, à Daejeon (une ville à environ 1h30 au sud de Séoul en train), et je suis revenu avec un lunch box "Hyeja Tongtong Soya & Bulgogi sauce soja". Je compte publier de temps en temps des chroniques sur la nourriture des supérettes coréennes — pas systématiquement, juste quand je mange seul à l'arrache comme aujourd'hui. Cet article est le tout premier de la série.
Commençons par l'emballage
Avant d'enlever l'étiquette, je te montre l'emballage tel quel.

C'est une barquette en plastique noir compartimentée pour séparer les accompagnements, avec sur le dessus une étiquette qui affiche le visage d'une actrice coréenne très connue, Kim Hye-ja. En coréen, "hyejaropda" est devenu une expression qui veut dire "qui a un excellent rapport qualité-prix", et c'est de là que vient le nom de cette gamme. C'est la série phare des lunch box GS25, avec des dizaines de variantes, et tout le monde la connaît en Corée.
Sur l'étiquette, il y a écrit un truc du genre "À déguster les jours où la cuisine maison te manque". Honnêtement, planté à la caisse avec ça dans les mains un jour de repos en solo, ça m'a un peu mis mal à l'aise. Le prix est de 5 400 wons (environ 3,50 €), pour 464 g et 797 kcal. C'est plutôt costaud pour un lunch box de supérette. Dans un coin de l'étiquette, le temps de micro-ondes est indiqué : 2 minutes à 2 minutes 30 à 700 W (puissance domestique standard), et tu balances la barquette telle quelle, couvercle compris. Pas besoin de transvaser dans une assiette, ça passe direct au micro-ondes — tu n'imagines pas le bonheur que c'est quand t'es flemmard.
Petit conseil quand même pour le réchauffage : les accompagnements qui se mangent froids, comme la salade de macaronis, il vaut mieux les sortir avant de passer le tout au micro-ondes. Sur ce lunch box, le compartiment de la salade n'est pas séparé, donc j'ai tout passé d'un bloc et la salade a fini tiède, avec un goût pas terrible. La prochaine fois, je la sortirai à la cuillère avant de réchauffer.
Date limite et système de gestion des supérettes coréennes

Sur le dessus de la barquette, il y a une deuxième étiquette bleue avec la date de fabrication et la date limite de consommation. Celui-ci a été fabriqué le 24 avril à 16h, et la date limite court jusqu'au 26 avril à 20h. Soit deux jours de marge environ. Mais attention, ce n'est pas qu'une simple indication. Une fois la date dépassée, à la caisse de la supérette, même en scannant le code-barres, le paiement est tout simplement bloqué. Le caissier peut bien vouloir te le vendre, le système l'en empêche. Les supérettes coréennes gèrent comme ça les lunch box, les triangles de gimbap, les sandwichs et autres produits frais. En clair, si c'est en rayon, c'est que c'est encore consommable. Même pour quelqu'un qui en achète pour la première fois, il n'y a pas à s'inquiéter de la fraîcheur.
Comment manger directement en supérette
Ah oui, autre point : la majorité des supérettes coréennes ont un micro-ondes en libre-service à l'intérieur. Quand tu achètes un lunch box, tu peux le réchauffer toi-même sur place. Pas besoin de demander au personnel, c'est en autonomie. À côté du micro-ondes, il y a toujours des baguettes et des cuillères, et beaucoup de magasins ont aussi des tables pour s'installer. Certains n'en ont pas, mais je dirais que plus de la moitié en proposent. Et le mieux, c'est qu'il n'y a aucun coût supplémentaire ni frais de couvert. Tu achètes, tu manges, tu nettoies ta place et tu repars.
Encore un détail : la Corée a une réglementation sur les jetables, donc on ne te file pas des couverts à tout-va. En revanche, dès que tu achètes un lunch box ou un ramen instantané, tu reçois sans problème baguettes et cuillère. Si on ne te les donne pas spontanément, il suffit de demander en caisse. Moi, ce jour-là, je l'ai ramené à la maison, mais en cas de coup de pression, tu peux totalement régler ton repas à l'intérieur de la supérette.
Découverte du contenu


J'enlève l'étiquette, j'ouvre le couvercle et voici le résultat. Dans le grand compartiment de droite, du riz noir avec un œuf au plat parfaitement rond posé dessus. À gauche, le bulgogi à la sauce soja avec des oignons verts, et juste en dessous, ce qu'on appelle le "Tongtong Soya", un sauté de petites saucisses mélangées à du maïs et des petits pois. Dans les petits compartiments du haut, un beignet, une salade de macaronis, un sauté de pâte de poisson et du kimchi. Pour un lunch box à 3,50 €, les compartiments sont vraiment bien remplis. Je te détaille chaque élément un par un.
Les accompagnements en détail
Tongtong Soya — saucisses sautées au ketchup

"Tongtong Soya" veut dire "petites saucisses dodues sautées". De près, on voit cinq saucisses de Vienne enrobées de sauce ketchup, avec du maïs, des petits pois et du sésame éparpillés par-dessus. À cause du "soya" dans le nom, je m'attendais à une base sauce soja, mais en bouche, c'est presque que du ketchup. Ce goût sucré-acidulé typique. Les saucisses ont la peau bien tendue qui éclate sous la dent. Honnêtement, ça ressemble plus à un truc d'apéro qu'à un vrai accompagnement de repas. Avec le riz, c'est un peu sucré, mais une fois lancé, tu n'arrives plus à t'arrêter d'en piocher.
Bulgogi à la sauce soja — toujours exactement le même goût

Le bulgogi sauce soja, c'est du porc mariné dans une sauce soja sucrée puis sauté, avec des rondelles d'oignon vert dessus. Après passage au micro-ondes, la viande est plutôt tendre. Posé sur le riz, ça joue bien son rôle de plat principal. Mais le truc bizarre, c'est que peu importe la supérette où tu l'achètes, le goût est rigoureusement identique. Un bulgogi maison, le goût varie d'un jour à l'autre selon la main qui assaisonne. Ici, ce que tu manges aujourd'hui a exactement le même goût que celui que j'avais pris l'année dernière. Pas le moindre écart. Tu as cette impression de sauce soja produite à la chaîne en usine. Ce n'est pas mauvais, mais ça ne provoque aucune émotion non plus, ce genre de goût. Et la quantité est plus chiche qu'elle n'y paraît sur la photo : le riz est généreux mais la viande s'épuise avant, donc autant la rationner dès le début.
Le beignet — franchement, bof

Je ne sais pas exactement ce que c'est, mais ça ressemble à un menchikatsu, une boulette de viande hachée panée et frite. Probablement un ajout récent lors d'une refonte du produit. Honnêtement, c'était décevant. La panure prétend être croustillante mais après le micro-ondes, elle est ramollie, et la viande à l'intérieur n'a pas vraiment de goût, juste de la matière à mâcher. Sur l'ensemble du lunch box, c'est clairement le compartiment dont on aurait pu se passer.
Salade de macaronis, sauté de pâte de poisson et kimchi sauté

La salade de macaronis. Des macaronis liés à la mayonnaise avec des morceaux de surimi et de carotte qui se baladent au milieu. Comme je le disais, comme j'ai tout passé au micro-ondes, elle s'est retrouvée tiède et c'est un peu dommage. Cela dit, elle joue son rôle de pause fraîche au milieu des accompagnements gras. La portion fait deux cuillerées maximum.

Le sauté de pâte de poisson, c'est deux fines tranches carrées mijotées dans une sauce soja, avec un peu de sésame parsemé. La pâte de poisson, "eomuk" en coréen, c'est un produit transformé fait à partir de chair de poisson écrasée et façonnée, ultra courant en Corée comme accompagnement ou dans les soupes. En bouche, c'est légèrement sucré, et cette douceur équilibre plutôt bien les saveurs salées des autres compartiments. Sauf qu'il n'y a que deux tranches, donc à une bouchée par tranche, c'est plié direct. J'aurais bien aimé en avoir un peu plus.

Le kimchi sauté. Personnellement, c'est mon préféré dans tout le lunch box. C'est du kimchi bien fermenté sauté dans l'huile, le chou est bien cuit et fondant, et mélangé au riz, c'est tout simplement délicieux. Les saucisses sont sucrées, le bulgogi est sucré, la pâte de poisson est sucrée — globalement, ce lunch box pousse pas mal sur les notes sucrées, et c'est ce kimchi un peu pimenté qui vient rééquilibrer le tout et permet d'aller jusqu'au bout sans saturer.
L'œuf au plat et le riz noir

Sur le riz noir, un œuf au plat parfaitement rond. C'est un peu l'emblème de la gamme Hyeja. Pas un œuf complètement cuit, ni un œuf au jaune coulant, mais quelque part entre les deux. Le jaune reste légèrement fondant, et personnellement, cette cuisson me convient parfaitement. En l'écrasant dans le riz, le jaune enrobe les grains et ça devient très parfumé.

Le riz, c'est du riz noir mélangé. Le "heungmi" est un riz noir qui, mélangé au riz blanc lors de la cuisson, donne une teinte légèrement violacée. Bizarrement, cette couleur ouvre l'appétit. La texture n'est pas pâteuse, plutôt légèrement ferme avec du mâche. Quand le riz d'un lunch box est trop collant, il devient bouillie dès qu'on le mélange aux accompagnements. Là, chaque grain reste bien distinct, donc avec le bulgogi posé dessus ou mélangé au kimchi sauté, le riz tient son rôle. Le riz noir est aussi plus nutritif que le riz blanc d'après ce qu'on dit, mais au-delà de ça, il a un goût de riz vraiment plus parfumé.
3,50 €, c'est cher ou pas ?

En vue d'ensemble, ça donne ça : bulgogi sauce soja, Tongtong Soya, beignet, salade de macaronis, sauté de pâte de poisson, kimchi sauté, œuf au plat et riz noir. Huit compartiments, tous remplis sans exception. Globalement, c'est un peu salé. Le bulgogi est à la sauce soja, la pâte de poisson aussi, les saucisses au ketchup, donc on enchaîne sucré-salé en boucle. Sans le kimchi sauté, j'aurais probablement saturé en cours de route.
En ce moment, les prix ont vraiment grimpé en Corée. Un rouleau de gimbap dans les enseignes les plus chères coûte 3 000 wons (environ 1,90 €), et avec un seul ajout type thon ou fromage, tu passes les 4 000 wons. Un bol de ramen dans un restaurant, c'est minimum 4 000 wons (environ 2,60 €) de nos jours. Une supérette, c'est forcément moins cher qu'un restau, mais même en tenant compte de ça, je trouve que 5 400 wons pour ce niveau de contenu, c'est franchement pas mal.
Pourquoi les lunch box de supérettes coréennes sont à part
À chaque fois que je mange un de ces lunch box, je me fais la même réflexion : ce format avec le riz d'un côté et trois ou quatre accompagnements répartis dans des compartiments séparés, on ne le retrouve pas vraiment dans les supérettes des autres pays. Dans la plupart des pays, le repas vite fait en supérette, c'est un sandwich, un wrap, ou un plat de pâtes en monoportion. Un plat principal avec un accompagnement, c'est déjà beaucoup. Avoir dans une seule barquette de la viande, des légumes, du kimchi, un œuf et du riz côte à côte, c'est vraiment une signature des supérettes coréennes. Que tu puisses caser autant de variétés dans un repas à 3,50 €, même en vivant en Corée, ça continue de m'étonner de temps en temps.
La réaction de ma femme et le prochain lunch box
Ma femme rentre du boulot et me demande ce que j'ai mangé pour le dîner. Quand je lui dis "un lunch box de supérette", elle me lance "pourquoi tu manges toujours ces trucs ?". On en a partagé plusieurs ensemble depuis qu'on est en Corée, et elle-même se régale en douce, mais elle ne manque jamais de me sortir cette phrase. Honnêtement, à 3,50 € pour sept accompagnements et du riz, c'est largement suffisant pour un repas en solo. Ce n'était pas un repas glorieux, mais j'ai été clairement rassasié, et pour une journée où je n'avais pas envie de cuisiner, c'était un choix tout à fait correct.
CU a la gamme "Paik Jong-won", Seven-Eleven a sa propre line-up, donc côté lunch box de supérettes en Corée, la liste est interminable. Ah, et au passage : GS25 a une appli appelée "Uridongne GS" (notre quartier GS) qui propose en permanence des coupons de réduction sur les lunch box. Cette fois-ci, je n'ai pas pensé à vérifier l'appli avant et j'ai payé plein tarif, ce qui m'a un peu agacé. La prochaine fois que la flemme me prendra, je commencerai par chercher les coupons et je tenterai une autre référence de la gamme.